Le SNESUP-FSU organisait il y a quelques jours à Lyon un congrès d’études. A cette occasion, une soirée d’hommage a été consacrée à Marcel Brissaud, militant FSU ayant travaillé à Lyon, et décédé en octobre dernier. Patricia Drouard, secrétaire départementale de la FSU, lui a rendu hommage au nom de la la section départementale de la FSU. Nous publions ci-dessous son intervention à cette soirée.

Avant d’évoquer Marcel Brissaud et de lui rendre hommage au nom de la section départementale FSU du Rhône, je voudrais d’abord me présenter (je ne suis pas aussi connue que celui dont nous honorons la mémoire). Je m’appelle Patricia Drouard et je suis entrée au secrétariat de la section départementale fédérale en septembre 2002, pour en devenir la secrétaire générale quelques années plus tard.

Déjà à cette époque, Marcel Brissaud ne participait plus au CDFD (délibératif départemental) où pendant les dix première années de sa retraite, il était venu, défendre la cause des retraité-es et des retraites.

Si sa silhouette était visible dans nombre de manifestations, c’est bien son nom que j’ai souvent entendu prononcé par les retraité-es militant-es, d’abord réuni-es en collectif puis dans la SFRD (section fédérale des retraités départementale).

On faisait surtout référence à ses analyses, notamment sur les rapports du COR (Conseil d’Orientation des Retraites).

C’est lui qui avait créé la « lettre aux retraités » pour son syndicat le SNESUP, mais largement diffusée, notre section la recevant régulièrement.

Marcel Brissaud a œuvré pour que soit mieux pris en compte les problèmes des retraité-es par les syndicats, ce qui est à la fois fondamental et relativement malaisé.

Avoir travaillé à la création des IUFM, lieu de formation des enseignants puis à la problématique des retraites, c’est tenir les deux bouts de la carrière professionnelle.

Son activité était basée sur deux principes : l’analyse et la mobilisation ; mobilisation qu’elle soit dans les instances ou autres réunions où il portait le fruit de sa réflexion ou qu’elle soit dans la rue (manifestation, pétitions, ..)

Pour lui pas de polémique pour la polémique, on donne son avis et on écoute celui des autres, pour mieux comprendre et convaincre .

Ses interventions étaient très écoutées, y compris par ceux qui ne partageaient pas ses opinions, car elles étaient structurées, basées sur le concret, avec des matériaux. A partir d’analyses dûment construites, il pouvait élaborer des critiques et des revendications.

Ce ne sont pas ses auditeurs à la FGR qui me contrediront.

Car Marcel Brissaud a porté les mandats du SNESUP FSU, et ses revendications, dans cette organisation où la présence des syndicats de la FSU, notre fédération, n’allait pas de soi.

Il a toujours encouragé la mobilisation des retraité-es, leur participation à des collectifs locaux.

Mais si on remonte un peu dans l’histoire, Marcel Brissaud a aussi monté la section académique du SNESUP, avant de rejoindre le national pour y être secrétaire général adjoint. Et pour la section départementale que nous sommes, avoir une structure locale d’un syndicat, donc un interlocuteur, c’est inestimable. Fédérer pour mieux construire.

Actif, fédérateur, critique, Marcel Brissaud a allié la rigueur intellectuelle de celui qui analyse, écoute, à la rigueur du militant syndical qui critique, communique pour convaincre, trouve des alliances, et crée, participe à des mobilisations pour porter analyses et revendications.

Dans un monde, une société, où nous devons, mais avons du mal, à convaincre que d’autres choix sont possibles, que nos alternatives sont crédibles, réalisables pour peu qu’on se mobilise, un syndicaliste tel que lui serait une aide bien précieuse.

Mais gageons que ce qu’il a semé porte ses fruits.

Que l’on peut construire sur ce qu’il a déjà bâti.